21h15. Vous venez enfin de vous asseoir après une grosse journée de course : lever, garderie, école, boulot, garderie, école, souper, devoirs, bains, dodo. Enfin, tout est terminé et vous pouvez vous reposer et écouter vos émissions préférées.

À peine assise sur le divan, une petite voix dans votre tête vous dit : «J’ai faim, j’ai le goût de manger des chips. Je veux des chips!» Vous tentez de vous raisonner. Voyons, ce n’est pas nécessaire. Après tout, vous venez tout juste de finir de souper et vous avez bien mangé. Et on est juste mardi, encore loin du cheat day.

Mais, votre petite voix revient à la charge :«Je veux des chips. Des bonnes chips croustillantes!» Vous salivez rien qu’à y penser… l’odeur, le croustillant, le bruit qu’elles font en craquant sous la dent, le petit goût de salé…hum!!!

Plus vous tentez de penser à autre chose, plus ça devient une obsession. Vous n’êtes même plus capable de vous concentrer sur la série que vous adorez pourtant. Vous ne pensez plus qu’au foutu sac de chip que vous savez très bien qui dort dans l’armoire.

Vous décidez de vous prendre un grand verre d’eau, ça vous fera passer l’envie de manger. Vous vous levez et, en vous rendant dans la cuisine, vous passez devant le frigo et pensez qu’un bon yogourt vous fera sûrement passer l’envie de manger des chips.

Vous vous rassoyez et recommencer à écouter la télé tout en mangeant distraitement votre yogourt. Tout à coup, vous atteignez le fond du contenant. Vous n’avez même pas réalisé que vous étiez en train de manger votre yogourt, vous n’avez pris que quelques bouchées!!! Et l’envie de manger des chips est toujours présente!

À l’annonce suivante, vous vous relevez et vous ouvrez le frigo. Vous prendre un autre yogourt est tentant, après tout c’est juste des 0 % qui ne contiennent presque pas de calories. Ça ne compte même pas! Vous décidez d’en prendre un autre que vous mangez rapidement, debout «sur le coin du comptoir». Comme ça, vous n’aurez même pas besoin de vous relever pour jeter le contenant alors aucune chance de manger autre chose. Une fois assise, c’est sûr que vous ne vous relèverez plus.

Mais, à peine avez-vous posé vos fesses de nouveau sur le divan que votre petite voix revient à la charge et vous parle encore du sac de chip qui est dans l’armoire. C’est hors de question vous ne céderez pas à la tentation ce soir. Vous êtes forte, vous êtes motivée et vous allez résister à l’appel du sac de chips. «Je suis belle, je suis bonne, je suis capable» vous répétez-vous comme un mantra qui vous empêcherait de penser aux chips.

Pourtant, plus les minutes passent, plus l’envie de salé et de croustillant vous obsède. Vous avez vraiment faim. Peut-être que dans le fond, votre souper de poisson et légumes vapeurs n’était pas suffisant et que vous avez réellement faim (oups, les 2 yogourts 0 sont déjà oubliés…)

À l’annonce suivante, vous ouvrez le garde-manger. Vous savez que les chips sont là, cachées sur la dernière tablette, derrière les boîtes de céréales pour être certaine de ne pas les avoir à la vue. Mais hors de question que vous y touchiez. Vous optez plutôt pour les galettes de riz. Bon vous n’aimez pas vraiment ça, mais ça contient à peine 30 calories par galette, c’est salé et ça fait crounch. Ça devrait vous contenter. Vous en prenez trois, parce qu’une seule ça ne sert à rien, c’est comme manger de l’air.

Vous retournez vous asseoir et vous grignotez vos trois galettes de riz pendant le petit bout d’émission entre deux annonces. Rapidement, elles sont elles aussi terminées sans même en avoir eu conscience. Vous ressentez à nouveau la faim qui vous tenaille. Les chips sont toujours là. Vous avez l’impression qu’elles vous appellent de l’armoire. Vous pouvez presque sentir le goût salé sur votre langue et entendre le crounch.

Vous avez beau combattre votre envie de manger des chips elle devient de plus en plus forte, de plus en plus obsédante. Votre voix vous hurle : «JE VEUX DES CHIPS». N’y tenant plus vous allez sortir le sac en vous promettant de n’en manger que deux ou trois. Pas plus. Et vous voilà soudainement assise sur le divan, les deux mains dans le sac de chip à moitié vide. Vous ne savez même pas comment c’est arrivé. Vous n’avez même pas eu conscience d’amener le sac avec vous au salon et encore moins d’en avoir mangé la moitié.

Vous regardez le sac et vous avez honte. Vous vous sentez coupable, vous vous trouvez moche, nulle incapable. Vous n’êtes qu’une grosse bonne à rien, même pas capable de résister à un sac de chips. Les larmes vous montent aux yeux. Ça ne sert à rien, vous êtes faible et vous n’arriverez jamais à vous empêcher de manger des cochonneries et vous ne perdrez jamais de poids.

Tant qu’à faire, vous finissez le sac de chips.

…………….

Ce scénario vous rappelle quelque chose? Que ce soit les chips, le popcorn, le chocolat ou tout autre cochonnerie, c’est une situation qui est familière à de nombreuses personnes.

Et c’est un processus «normal» en soirée pour certaine personne, une fois qu’on peut enfin se détendre après une journée surchargée de pression, de stress et de différents stimuli. Votre corps cherche une échappatoire pour évacuer ce surplus de stress accumulé. Malheureusement, pour plusieurs personne cette échappatoire c’est la nourriture.   Que ce soit des chips, des biscuits, des gâteaux ou du chocolat, ce sont des aliments réconfortant qui font plaisir qui vous aide à vous sentir mieux.

Mais ce n’est pas parce que pour vous c’est «normal» qu’il n’y a pas de solution. D’abord, prendre conscience que vous mangez votre stress (ou vos émotions) est un premier pas dans la bonne direction. Pour vous aider à le réaliser, au moment où vous ressentez la faim en soirée, vous pouvez noter comment vous vous sentez. Après quelques jours, vous pourrez voir un lien entre ce qui se passe dans votre tête et votre envie de manger.

Ensuite, prenez le temps de faire une liste des activités qui vous plaisent, qui sont réalistes dans le quotidien et qui ne sont pas reliées à la nourriture. Vous pourrez piger dans cette liste d’activités au lieu de grignoter.

Mais surtout, n’oubliez pas d’être pleinement consciente de ce que vous mangez au moment où vous le mangez. Prenez le temps de savourez les aliments, d’apprécier les saveurs et les textures. Ainsi, vous serez satisfaite avec une petite quantité et vous serez plus à l’écoute de votre signal de satiété.

 

Julie Bolduc

Julie Bolduc

Nutritionniste

Passionnée de bouffe, mais aussi de simplicité, Julie s’est donnée pour mission d’aider les gens à mieux manger, tout en y prenant plaisir. Maman de trois jeunes enfants, elle a vite réalisé que les belles théories ne sont pas nécessairement applicables au quotidien. 

«Ça roule» est sa réponse constante à «Comment ça va?». Carburant aux projets et ayant toujours mille et une idées, elle n’arrête pas souvent. Curieuse et avide de connaissances, elle est toujours en train d’étudier dans un domaine quelconque.

Consciente que le poids n’est qu’une affaire de chiffres, elle rêve que les femmes (et les hommes aussi) apprennent à s’accepter comme elles le sont et, surtout, arrêtent de focuser sur leurs défauts. Selon elle, nous avons tous quelque chose de notre physique que nous n’apprécions pas, mais il y a aussi au moins une chose que nous aimons ! Il faut se concentrer sur ce dernier point !

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