Je suis un monstre hideux. Chaque partie de mon corps renferme de la honte – celle d’avoir échoué pour une énième fois. Je me sens prise dans une enveloppe qui n’est pas mienne. Prise dans une peau, prise dans une couche graisseuse que je voudrais me débarrasser là, maintenant. Je suis à ce bourrelet d’être désirable, ou deux d’être acceptable.

Je veux qu’on me donne la silhouette pour laquelle je me bats chaque jour pour avoir, à un biscuit prêt. Un biscuit de la victoire, parfois 3 ou 4 ou 5. Parce que pour punir ce montre hideux, je mange. L’idée de manger m’obsède, mon image me rend malade. 

Prise entre me perdre pour maigrir ou me perdre pour me punir. 

De toute façon, je n’ai jamais réussi à atteindre un objectif. De toute façon, personne ne veut de moi. Personne n’est prêt à aimer une chose dégoutante de graisse. On me l’a toujours dit. 

On m’a toujours signifié ma différence jusqu’au jour où on a applaudi ma ressemblance.

Ce jour où je me suis prise en main. Où les régimes ont contrôlé ma vie. J’en suis devenue tourmentée. Manger des crudités. Manger si peu. S’entrainer si fort. Je me suis rendue malade pour plaire, j’ai troqué ma détresse pour un immense calvaire. 

Le diagnostique de l’échec m’a rappelé, qu’encore une fois, j’étais décevante. Hyperphagie boulimique. Dépression majeure. Les spécialistes ont parlé.

J’hyperphagiais. Tu hyperphgiais. Nous maigrissions. Ils t’applaudissaient. 

Thérapie.

Je thérapiais. Tu badtripais. Nous réalisions. Ils te jugeaient.

Victoire. Échecs. Puis victoire. 

Je m’émancipe. Je renais. 

Mais…

Je vis avec la souffrance d’avoir mener mon corps à bout. De m’être rendue malade physiquement, psychologiquement. Je vis avec l’obsession de mon image corporelle. Je vis tous les jours avec les conséquences d’un trouble alimentaire. Parce que toutes les secondes de ma vie étaient consacrée à me haïr, à vouloir être différente, mais comme tout le monde.

Toutes les secondes de ma vie ont été utilisées pour me punir de les avoir cru. À justifier un cercle infernale de punition par l’alimentation – par punition d’être grosse, par punition d’échouer. Je vis chaque jour avec un contrôle de mes émotions. Ces émotions qui peuvent me faire retomber à chaque seconde. 

Me détester a gâché ma vie. Les commentaires sur mon poids aussi. 

Du 7 au 11 novembre 2016, c’est la semaine «Le poids ? Sans Commentaire !» de l’organisme Équilibre. Une personne sur 2 est préoccupée par son poids. Il faut que cette obsession arrête.

Je reçois encore trop souvent de messages de jeunes filles, comme celui de Julie (nom fictif):

Bonjour mademoiselle Joëlle, J’ai 14 ans et j’ai une faible estime de moi à cause de mon poids et de mon apparence. 

Et des dizaine d’autres. D’une tristesse infinie. Je me revoie à leur âge. 

Le poids, c’est sans commentaires. Parce que c’est surtout vivre avec 100 conséquences. 

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Joëlle Vaillancourt

Joëlle Vaillancourt

Blogueuse et rédactrice en chef

Joëlle a un caractère jovial. Son grand rire franc s’exclame souvent de manière impromptue. Gare à vous si vous lui piquez une jasette! Une curiosité singulière l’habite et la pousse à poser beeeeeaaaaucoup de questions. Aucun détail ne lui échappe! 

Grande rêveuse à première vue, ses pensées sont occupées à réfléchir à propos de l’humain. Certains disent qu’elle aurait peut-être dû étudier en psycho ou en sociologie. Joëlle se donne comme grande mission de prouver que beauté rime avec épanouissement et que confiance en soi avec émancipation. Parcourir le monde et découvrir ses cultures mythiques, sa nature luxuriante ou ses recoins cachés est un objectif que caresse cette aventurière qui n’a jamais peur de voir trop grand, dans sa vie comme dans ses rêves!

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