J’ai passé proche de mourir la semaine dernière, pis j’ai eu vraiment peur.

C’était une belle journée, froide, mais belle. En quittant le travail, j’avais aucune envie de cuisiner. Et bien que mon merveilleux fiancé ait presque toutes les qualités du monde, la cuisine, c’est pas sa tasse de thé. J’ai donc fait un détour vers le McDo et j’ai pris la route vers chez nous.

Mon rang, je l’adore. Grosso modo, une quinzaine de minutes à faire avant d’arriver chez nous. Un quinze minutes que j’apprécie, qui me permet de décrocher.

Ce jour-là, je descends une des nombreuses côtes et la remonte. Sauf que celle-là, elle se termine par un virage à quasi 90 degrés. Une fois dans le virage, il m’apparait dans la face quelqu’un dans un auto rouge, qui roule dans le sens contraire de moi. Dans ma voie.

Le temps s’est comme figé. L’espace d’un moment, j’ai des images mentales de mon auto éclaté de toute part et ma face qui se fesse partout. La personne s’est replacée dans sa voie alors qu’il y avait plus qu’un char et demi de distance entre elle et moi.

Je n’ai pas eu de mouvement brusque, je ne me suis pas foutue dans le fossé pour l’éviter et je n’ai pas dérogé dans sa voie. Je suis restée figée là et j’ai lâché le gaz. Une fois la courbe passée, je me suis stationnée dans l’accotement et j’ai shaké, puis pleuré. J’avais froid dans le ventre et j’avais l’impression d’être enfermée dans une bulle, je n’entendais plus les sons.

Quand ça s’est dissipé, j’ai repris la route pour finalement arriver chez nous. J’ai monté les marches, essayé d’ouvrir la porte avec les mains pleines, géré le chat qui voulait se sauver en hypocrite et pitché le souper sur le comptoir dans un geste à la ‘’j’en ai plein l’cul’’.

Mon chum s’est approché prudemment comme si j’étais un tigre agressif en me demandant si j’allais bien, et là j’ai crié que non. J’ai réussis à lui raconter ce qui s’était passé quelques instants auparavant en sanglotant vraiment fort, de façon incontrôlable, et ce, pour de nombreuse minutes. Il m’a pris dans ses bras et m’a serré fort tout le long de ma crise.

C’est comme si, à ce moment, je me savais plus en danger et que je pouvais laisser aller toute la peur et l’adrénaline qui m’habitaient. Pis crois-moi, y’en avait un truck load.

Ce jour-là, j’ai pleuré toute la soirée, jusqu’au moment de dormir. Les gros sanglots ont fait place aux larmes silencieuses et à des yeux de biche traumatisée.

Quand les gens disent qu’il ne faut jamais avoir confiance en les autres conducteurs, c’est bien vrai. Je ne roule vraiment pas vite. Je suis la mémé du secteur. Et malgré ma prudence j’ai passé proche d’y laisser ma vie.

Le lendemain, c’est mon chum qui est venu me reconduire au travail. Le jour d’après, j’ai pris mes clés et affronté mon nouveau démon et tout s’est bien passé. Mais je n’oublierai jamais ce qui s’est passé le mardi 14 mars à 16h00.

Avez-vous déjà vécu une expérience qui vous a glacé le sang et fait réaliser que la vie peut s’arrêter au moment où on s’y en attend le moins?

 

Cynthia Simard Poirier

Cynthia Simard Poirier

Blogueuse

Cynthia est une jeune femme œuvrant dans le domaine environnemental. Elle est le genre de fille un peu dingo prête à sa taper un BACC en chimie juste pour se prouver qu’elle en est capable. Elle parle souvent de son chat et vendrait son âme pour du Gelato au caramel fleur de sel. Ou du popcorn. Ou des cornichons frits.

Ses vêtements de prédilection sont les pyjamas, mais des fois elle est féminine et porte de beaux vêtements. Elle deal quotidiennement avec le fait que ses émotions sont le reflet de son environnement. Elle se rend tranquillement compte que plus elle gagne en âge, plus elle est à l’aise dans son corps pro du yoyo. 

Instigatrice du blogue La fille cynique, elle souhaite que les humains s’acceptent tel qu’ils sont et que l’image qu’ils voient d’eux-mêmes dans le miroir en soit une de positive.

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