Elle a troqué sa brillante destinée en droit pour un DEP en esthétique, bien décidé d’aider les femmes dans leur estime de soi. Lorsqu’on écoute Jennifer Brodeur parler, on peut facilement imaginer un parcours difficile à la Will Smith dans le film La Poursuite du bonheur. Son ciel, elle l’a gagné entre deux misérables repas de bagel (sans gluten) dans une convention d’esthétique à Beverly Hills, ayant la conviction que son instrument MAX+ était une réelle révolution dans le domaine des soins du visage. À ce moment, au bord de la faillite qui lui aurait coûté sa maison, on lui donne enfin sa chance. Son succès a été tel que MAX+ a conquis les femmes de 40 pays. Même cette Hilairemontaise (gentilé de Mont-St-Hilaire. De rien ;-)) n’aurait jamais crû que quelques années plus tard, Oprah Winfrey et Michelle Obama l’aurait comptée parmi leur garde rapprochée comme esthéticienne officielle.

Dernièrement, Jennifer a concrétisé un de ses rêves – celui de développer sa propre gamme de soin pour le visage. Peoni est né au Québec d’un heureux mélange d’authenticité et d’un puissant savoir-faire. J’ai assisté au dévoilement Peoni à Québec, à l’Espace Beauté Marie Gagnon, endroit exclusif où il est possible de se procurer les produits Peoni. La gamme, a base de pivoine, fait partie du « Oprah’s Favorite Things ». Grâce à cette mention, Jennifer se retrouve affichée sur les panneaux lumineux de Time Square à New-York, bien loin du dévoilement intime qu’elle avait initialement prévu. 

Discussion avec Jennifer Brodeur. 

Crédit photo: Andréanne Gauthier

 

Jennifer, c’est quoi pour toi la beauté ?

Pour moi la beauté, c’est deux choses.

Pour moi la beauté, c’est le bonheur. En anglais, je dis toujours « beauty is happiness ». Alors, si t’es heureuse et que tu as un bonheur, peu importe, t’es belle. Le bonheur, le vrai, c’est ce qui fait la beauté.

La beauté c’est aussi d’être authentique. Tu peux pas être qui tu es et ne pas être belle. C’est impossible. C’est ce qu’on voulait véhiculer dans le message de l’entreprise le plus possible.

 

C’est quand même paradoxale d’évoluer dans un milieu de la beauté où les apparences sont importantes et en même temps de vouloir y faire sa place avec des valeurs d’authenticité. Comment fais-tu ?

J’ADORE TES QUESTIONS ! (rires) J’en ai fait des entrevues et tu es la premières qui me poses ça. Savais-tu que l’ADN de ma marque est « authenticity » ? Ce qui me démarque le plus dans tout ce que je fais de [email protected], c’est l’authenticité. J’ai déjà été dans les galas avec les cheveux gris parce que ma repousse n’était pas faite. Je suis rarement maquillée. Ce que j’essaie de faire comprendre à la femme, c’est qu’au-delà de son enveloppe, il y a l’intérieur. Mon but est de nourrir leur peau de façon équilibrée pour que l’extérieur reflète la même chose que l’intérieur.

 

Tu préconises le changement de l’extérieur vers l’intérieur pour augmenter l’estime de soi ?

Exactement. Mais côté alimentaire, je vais partir de l’intérieur pour ultimement faire une rencontre entre les deux. J’attire une certaine clientèle qui peut se permettre des soins très réguliers plusieurs jours en ligne, comme des gens qui ont eu de l’acné très grave ou une importante rosacée. Souvent, ce sont des femmes qui n’ont pas confiance en elle parce que visuellement c’est juste leur problème de peau qu’on voit.

Pis moi je les aide à comprendre pourquoi c’est comme ca. Je les rends autonome. Je les éduque. Je leur fait voir qu’elles sont plus qu’un bouton, plus qu’une seule caractéristique. Que le problème est minime comparé au reste. Il faut dédramatiser.

Le côté esthétique superficiel a pris une ampleur incroyable. C’est pas ça la vraie vie. Qui ici a le temps de faire 11 heures de pratique de maquillage de contouring ? Pour les jeunes demoiselles, c’est leur réalité. La beauté est encadrée et définie dans un moule. Je fais souvent des entrevues pis on me parle sans arrêt du botox. Pourquoi tu veux parler de botox? Le débat, c’est pas que je suis pour ou contre. Avant même de passer au botox, est-ce que la peau est saine ? Est-elle en santé ? T’aimes-tu toi même? C’est une génération de instagratification. On veut tout tout de suite. Tu veux pas attendre. Mais tout vient avec la patience.

 

Raconte-moi une rencontre qui a changé ta vie.

La première fois que je suis allée à Maui chez Oprah, il y avait le poète Mark Nepo. Oprah m’a amené voir le coucher du soleil. Elle me disait des choses philosophiques dont j’avais de la misère à saisir le sens. Pis moi je me disais « qu’est-ce que je fais ici? » (rires)  Ensuite, on est entrés au salon. Oprah s’assoit à côté de moi. À ce moment, Mark Nipo s’est levé. Il a commencé à réciter un de ses poèmes.

Son poème racontait une histoire à propos d’une journée qui a mal tourné. Il avait échappé une douzaine d’oeufs qui s’est cassée. Alors, il est allé en acheter une autre qui est de nouveau tombée. Il était fâché parce que sa maudite douzaine d’oeufs cassait toujours. Un moment donné il dit dans son poème qu’il a acheté une troisième douzaine d’oeufs et il finit par la lancer au bout de ses bras (to let it go). Quand je suis partie ce soir-là, je n’ai jamais été la même personne.

Ce moment a connecté profondément avec moi. Ça m’a permis de comprendre que je ne peux pas tout contrôler. I have to let it go parce que je suis une fille hyper organisée. Tout est toujours noir ou blanc. Tout le long durant le vol du retour, je me disais que ce moment m’avait touché profondément.

 

Parlant de contrôle, sens-tu que tu l’as laissé aller le contrôle d’atteindre des standards de beauté ? Te sens-tu affranchie ?

Oui…. non. Je ne sais pas si être honnête m’apporte du bien ou pas. Mais je ne peux pas mentir.

 

Quand tu te regardes dans le miroir qu’est-ce que tu vois? Ce que tu répètes aux femmes, es-tu toi même capable de l’appliquer ?

Oui. Quand je me regarde, je me trouve extraordinaire. Je changerais absolument rien!

 

C’est quoi ton plus grand complexe ?

Mes fesses. C’est niaiseux hen? J’ai trois filles et je ne voulais pas qu’elles aient des complexes. Pour cette raison, je n’ai jamais été la maman a diète. J’ai tellement bien fait ma job que ma plus jeune se regardait l’autre jour dans le miroir et disait «Oh yeah!». Pis c’était cette confiance en soi là qu’elle avait pis que je trouvais beau. 

 

À la fin de ta vie qu’est-ce que tu voudrais laisser comme héritage ?

Je souhaite que ça continue d’évoluer pour la femme. J’aimerais faire comprendre aux gens qu’on peut tout avoir mais à des temps différents. Donc tu peux être une femme, avoir des copines, avoir une entreprise qui fonctionne bien et avoir des enfants. We can do it all. Que tu sois de Mont St-hilaire, de Los Angeles, il n’y a pas de plafond. On peut tout faire, aller où on veut. Faut juste avoir la volonté. C’est ça que je veux laisser comme héritage.

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Je suis bien contente que Peoni fasse partie de ma routine beauté. Parce qu’acheter, c’est voter! 

 

Joëlle Vaillancourt

Joëlle Vaillancourt

Blogueuse et rédactrice en chef

Joëlle a un caractère jovial. Son grand rire franc s’exclame souvent de manière impromptue. Gare à vous si vous lui piquez une jasette! Une curiosité singulière l’habite et la pousse à poser beeeeeaaaaucoup de questions. Aucun détail ne lui échappe! 

Grande rêveuse à première vue, ses pensées sont occupées à réfléchir à propos de l’humain. Certains disent qu’elle aurait peut-être dû étudier en psycho ou en sociologie. Joëlle se donne comme grande mission de prouver que beauté rime avec épanouissement et que confiance en soi avec émancipation. Parcourir le monde et découvrir ses cultures mythiques, sa nature luxuriante ou ses recoins cachés est un objectif que caresse cette aventurière qui n’a jamais peur de voir trop grand, dans sa vie comme dans ses rêves!

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