Entrevue d’expert: Poleen Beaulieu, fondatrice de Ronde et Jolie

Entrevue d’expert: Poleen Beaulieu, fondatrice de Ronde et Jolie

Poleen BeaulieuPoleen Beaulieu est une femme qui en a dedans. Il suffit de discuter avec elle 10 minutes pour comprendre qu’une vision bien ambitieuse l’anime – celui d’abolir l’idée qu’un seul modèle de beauté doit exister.

Avec son organisation, Ronde et Jolie, elle conçoit des activités à grand déploiement. Son but : conscientiser la population à la diversité corporelle dans la société. Ses projets sont aussi un prétexte pour motiver les femmes à se questionner sur les croyances qu’elles entretiennent face au sport, à la beauté et l’estime de soi.

On peut notamment compter parmi les grandes réalisations de Poleen, le calendrier annuel Ronde et Jolie. Depuis 2014, 37 femmes de tout acabit ont passé sous la lentille de photographes et professionnels établis. Le projet a tellement fait parler de lui, que la version 2017 a amené l’équipe en Équateur pour les séances photos. Cette version du calendrier a aussi été le prétexte pour les modèles de discuter avec des femmes équatoriennes des enjeux de la diversité corporelle dans leur pays.

Dans vos mots, Ronde et Jolie, c’est quoi?

Ronde et Jolie est un mouvement qui crée des projets reliés à une saine image de soi. Notre mission est d’amener les gens vers un équilibre physique, psychologique et émotionnel en passant par l’estime de soi.

Par le biais de projets, nous travaillons des notions tels que le lâcher-prise, la gestion d’émotions, l’image de soi, la confiance et la connaissance de soi, les limites que nous nous donnons.

En gros, dans l’exemple du calendrier, nous sélectionnons presqu’un an d’avance 12 femmes à l’aide d’un appel à candidature sur les médias sociaux. Les modèles sont choisies pour leur cheminement, en égard de leur physique.

Avant de faire les séances photos, ces femmes ont beaucoup de pain sur la planche! Elles seront encadrées toute l’année par une équipe de professionnels, tels que des éducatrices spécialisées et des kinésiologues. Nous démystifions avec elles les croyances et les mythes face aux standards de beauté. Elles ont aussi des ateliers de réflexion à faire. Avant la tenu de la séance photo finale, il peut y avoir eu plusieurs dizaines de rencontres tout au long de l’année.

Dès le début du projet, les femmes doivent se fixer des objectifs personnels. Le but est aussi de sortir les participantes de leur zone de confort afin qu’elles prennent pleine conscience de leurs capacités. 

Je parle ici du calendrier, mais il y a plein d’autres projets que nous organisons comme des défilés de mode. 

Les projets sont en fait un prétexte pour mener les participantes vers un objectif qui les feront grandir intérieurement et assumer qui elles sont. Les projets que nous organisons attirent bien souvent l’attention parce qu’ils sont uniques. Les participantes reçoivent beaucoup de beaux mots et d’encouragement du public. Par leur cheminement, elles deviennent des modèles pour les autres. C’est valorisant !  

Quels sont les critères de sélection pour les femmes qui désirent participer à vos projets?

Bien sûr, des femmes qui veulent travailler sur elles-mêmes et qui sont ouvertes à sortir de leur zone de confort. Il n’y a pas de critères physiques.

Il faut une certaine disponibilité car c’est un travail qui demande des efforts et de la concentration. Si une femme n’est pas ouverte et/ou pas disponible, nous pourrions lui donner tous les outils du monde, mais elle ne les assimilera pas. Le travail se fait par la participante.

Nous regardons aussi le cheminement de la personne, donc où elle en est rendue dans son histoire de vie.  Bien sûr, nous voulons qu’il y ait une représentation de différents types de corps, d’âge, etc, vu que les projets servent aussi d’impact dans la société.

Qu’est-ce qui vous motive à vouloir changer les perceptions que les femmes ont envers elles-mêmes?

Je vois trop de femmes se mettre des limites en rapport avec leur image corporelle peu importe le type de corps qu’elles ont. L’image corporelle ne devrait jamais être un obstacle afin de se réaliser pleinement dans la vie. J’ai la chance d’avoir une mère qui m’a toujours dit que je pouvais tout faire et réaliser mes rêves. C’est ce que j’essaie de transmettre aux femmes.

La notion d’estime de soi est importante dans le processus car c’est au moment où on a conscience de notre juste valeur qu’on commence à sortir de notre coquille. On connaît nos limites, on les respecte, on apprend à prendre soin de nous selon nos besoins, etc. C’est ce qui nous amène à tendre vers un certain équilibre.

Personnellement, je ne me suis jamais vraiment mise de limite jusqu’à ce que je prenne conscience des propos que tenaient certaines femmes rondes autour de moi. C’est en voyant la sortie d’un calendrier de la région que l’idée du premier calendrier Ronde et Jolie est né. Je me suis dit: « Ce n’est pas vrai qu’il existe un seul type de beauté. Je vais leur montrer! ».

C’est quoi être Ronde et Jolie?

En fait Ronde et Jolie est un nom que j’ai choisi afin de démystifier l’unique modèle de beauté qui était représenté. On peut être mince et ne pas se sentir dans les standards voulus de notre société. Je dirais plutôt qu’une belle femme, c’est quelqu’un qui a une certaine confiance en elle, en ses capacités et en sa beauté et qui le réalise pleinement.

Ronde et Jolie Salon de la Femme

Comment les femmes se perçoivent elles avant et après avoir participé à vos projets?

C’est une question difficile à répondre car chaque cas est différent selon le vécu et le type d’ouverture d’une participante. Aussi, un travail sur soi ne se fait pas du jour au lendemain. Il y a des distorsions cognitives à défaire, des pensées que certaines femmes ont et utilisent depuis quelques années. Il serait donc faux de croire qu’une seule participation vous enlèvera toutes ces pensées.

Il ne faut pas être dans la pensée magique, c’est un processus long. Toutefois, des prises de conscience sont faites et ainsi les femmes assimilent certaines choses. Souvent, nous travaillons la connaissance de soi en premier car c’est en sachant qui et comment nous sommes que nous pouvons par la suite cibler nos besoins et les combler. Cela nous permet également de travailler sur soi.  Une chose est certaine, on ne peut qu’avancer en faisant les projets.

Ronde et Jolie Salon de la Femme

Quelle est la réceptivité de la population envers votre mission?

Quand les gens sont bien informés et qu’ils connaissent et comprennent notre mission la réceptivité est excellente.

Quel est le principal défi auquel vous devez faire face?

La compréhension de notre mission. C’est d’ailleurs un de nos gros objectifs pour le moment.  Certaines personnes croyaient au départ que nous encouragions l’obésité et d’autres ne comprenaient pas comment au travers de nos projets, les femmes pouvaient faire des prises de conscience. C’est une approche nouvelle, il faut donc prendre le temps de l’expliquer aux gens.

Et surtout, la société focusse tellement sur la perte de poids qu’elle oublie qu’il y a des personnes derrière tout ça. Il faut faire attention car il y a une industrie, des profits à faire avec ça. La santé touche aussi le côté psychologique et émotionnel. Ronde et Jolie ne focalise pas sur la perte de poids mais bien sur l’équilibre. Si cela amène à une perte de poids, ce sera ça. Mais il faut garder en tête qu’une personne qui a perdu du poids n’est pas nécessairement plus en santé, il y a bien plus que le côté physique même s’il est très important, c’est un tout.

Quels sont les projets à venir avec Ronde et Jolie?

Il faudra surveiller notre page Facebook pour en savoir plus en temps et lieu. Toutefois, nous voulons cibler les ados et les plus jeunes. Il ne faut pas oublier nos hommes qui vivent aussi une forte pression sociale face aux diktas de beauté de la société.

 

 

Entrevue d’expert:  Edith Bernier, auteure du Manuel des routards taille plus

Entrevue d’expert: Edith Bernier, auteure du Manuel des routards taille plus

Voyer léger même quand on ne l’est pas, c’est le défi de taille que s’est donné Édith Bernier. Avec l’expérience d’une quinzaine de pays visités en mode backpacking, la voyageuse taille plus a sorti ce mois-ci The Ultimate Guide to Plus-Size Backpacking. Ce guide offert en deux langues est destiné principalement aux personnes de forte taille qui désirent contourner les lacunes de l’industrie du voyage mal adapté à ce type de clientèle. 

Entrevue avec Édith Bernier

 

D’où part cette idée de faire un livre spécialisé en voyage taille plus?

J’ai voulu écrire ce livre parce qu’il y a plein de petites choses et plein d’inconvénients qui arrivaient seulement aux personnes taille plus et n’arrivaient pas à d’autres. Par exemple, magasiner un sac à dos. Quand t’arrives dans le magasin et qu’il y en a juste un dont la ceinture est assez grande pour les tailles plus… ou bien les gens qui partent en voyage sac à dos qui vont se dire «si on est mal pris on ira s’acheter du linge à destination». Pas vraiment une option pour les taille plus.

… surtout pour l’Asie!

Surtout pour l’Asie. C’est c’est particulièrement intense. Il y a plein de petites choses irritantes. Même en avion ça peut être assez pénible, tout comme les moyens de transport locaux. Je pense aux tuk-tuk ou aux collectivos en Amérique central et Amérique du sud – qui sont des minis bus surpeuplés faits pour 12 mais qui contiennent 18 personnes. Toutes ces petites choses là qui font en sorte que ça prend un peu de courage, mais surtout de l’organisation pour savoir où s’aventurer.

Le manuel des routards taille plus_cover

Est-ce que ca vous a déjà remis en question de visiter des pays, parce que vous étiez taille plus plus?

Ça a changé une partie de mon style de vie à la maison. Quand j’ai décidé d’aller au Guatemala où il y a de la randonnée sur les volcans, je savais que ca impliquait d’être en forme, sans nécessairement être plus mince. Donc, je me suis entrainée un peu avant de partir et j’ai perdu du poids.

Ce n’était pas le but premier de l’exercice qui était plutôt d’être capable de faire plus de choses. Je dirais que je suis super contente de l’avoir fait. Et malgré tout, je suis encore en masse taille plus. (rires) Je suis probablement une taille plus vraiment plus en forme. Je suis capable de faire vraiment plus d’activités.

Pensez-vous qu’écrire un livre sur les tailles plus, ca vient stigmatiser, venir encore créer une classe à part avec la taille plus?

Oui, il y a toujours une orientation taille plus dans le livre, mais j’aime dire qu’il est utile à tout le monde. C’est vrai qu’on a tendance à mettre les gens dans des catégories. Ce que je désire, c’est empowered les femmes taille plus pour qu’elles aient les mêmes possibilités que les autres.

Oui, c’est un guide pour elles, mais pour les hommes aussi. Pour permettre à tous de vivre les mêmes choses. Pour se dire qu’avec un peu de préparation, tu peux faire les mêmes choses que les autres.

Vous dites que ca prend beaucoup de courage voyager backpack, surtout quand on est une femme taille plus, croyez-vous que ça a empêché certaines femmes de le faire?

 Je suis certaine. Je veux dire, ce n’est pas tout le monde qui a le même taux de confort par rapport à son image. Il y a des gens qui ne seraient pas nécessairement à l’aise de rentrer dans un magasin de sac à dos, de se faire mesurer le tour de taille, le dos par un vendeur. Je peux comprendre pourquoi.

On n’est même pas parti pis il y a déjà des défis. Juste de penser à «comment les gens vont me percevoir», je suis sûr que ça a du freiner les envies ou les ardeurs de plusieurs personnes. J’aspire à ce que le manuel puisse donner à ces gens là l’envie de reconsidérer et de passer à l’acte.

Croyez-vous qu’à l’étranger, les femmes taille + se font traiter différemment?

Oui et non. Ca peut être vraiment positif. Je n’oserais pas dire négatif parce que je ne pense pas qu’en général les gens veulent être méchants ou de mauvaise foi. Je pense que c’est surtout l’effet de surprise et l’effet inhabituel. On ne peut pas blâmer les gens d’avoir une réaction de surprise. Il y a des endroits dans le monde où une personne taille plus, notamment une femme, c’est extrêmement bien perçu.

Dans les pays comme la Mauritanie ça va même à l’extrême où il y a des boot camp pour faire engraisser les femmes. Il y a quand même des pays où les courbes et les rondeurs sont assez célébrées – des régions du monde notamment, les iles dans le pacifique … je parle de Samoa, Tonga, Fidji , être une femme taille plus ca doit être assez agréable.

Maurétanie_boot campSource : Wikipédia

… donc il y a beaucoup de stéréotypes associés à ça.

J’aime briser les préjugés…

Avez-vous avez confiance en vous?

Il faut. Quelqu’un qui est très insécure et qui va rentrer dans un pays où les personnes taille plus vont être regardées avec un peu plus de curiosité vont probablement trouver le temps très long.

Je dis pas qu’on ne peut pas se permettre de voyager, mais qu’on doit avoir une certaine confiance en soi et si c’est pas développer avant de partir, ca peut se développer en route. Je pars en me disant que les gens qui me regarde, je ne réagis pas, je ne fais pas de grosses affaires avec ça et voila ma chance de renforcer ma confiance en moi.

Crédit photo : Louis-Philippe Joly

Crédit photo : Louis-Philippe Joly

Aviez-vous confiance en vous avant de voyager?

J’ai vécu de l’intimidation pendant mon enfance et adolescence, mais j’ai été chanceuse parce que je savais qui j’étais, je savais ce que je valais. Je voyais en quoi être différente ca pouvait être quelque chose de positif. J’ai toujours un peu carburé à ca.

Je te dirais pas que je ne me suis jamais sentie un peu complexée en me regardant dans le miroir, mais pas tant que ca, en fait. Ca ne durait jamais bien longtemps. J’ai toujours eu confiance en l’image que je projetais en tant que personne, en tant que voyageuse, en tant que femme.

Qu’est-ce que vous diriez à ces femmes qui hésitent de voyager à cause qu’elles ont un surplus de poids?

Je dirais de ne pas hésiter. Commencez tranquillement. On n’est pas obligé d’aller faire un mois de back packing dès le début pour commencer. Je pense qu’on peut se faire graduellement. Mon premier voyage pack sac, c’était au Mexique. Commencez par une semaine avec un sac à dos dans des petits hôtels.

Partir avec quelqu’un d’autre, quelqu’un qui est taille plus aussi. Au moins si un moment donné, on trouve ca pénible de se faire regarder, on peut toujours se comprendre. Au moins on a quelqu’un d’autre qui est comme nous. Ca peut faciliter un peu, mais c’est sûr que ca requiert certain changement au niveau de ta perception du monde, de ta perception de toi. C’est vraiment à l’étranger qu’on peut se rendre compte si on est vraiment à l’aise avec soi.

Alors, on part quand? ; )

Entrevue d’expert: Emily Roy, fondatrice du Montréal + Fashion Week

Entrevue d’expert: Emily Roy, fondatrice du Montréal + Fashion Week

On nous laissait languir depuis le début de la semaine sur le blogue mode taille+ Entre Montréal et New-York, nous promettant l’annonce d’une grande nouvelle.

Vendredi dernier, enfin, on nous dévoile la cause de ce grand suspense : il y aura une semaine de la mode taille+ au Québec, la Montreal + Fashion Week, en mai 2016.

Rafraichissant. Audacieux. Emballant. Voilà ce qui me vient en tête  instantanément lorsque l’annonce cet évènement a été divulgué.

Émily, Ariane et Nadine, toutes les trois des femmes assumées et impliquées dans le monde de la mode, allient leurs forces pour nous prouver que les formes féminines peuvent aussi avoir une place sur le podium de la beauté.  Créer une semaine de la mode taille+ au Québec, quelle idée géniale! Évidemment, ça n’a pas pris 24h après l’annonce pour que je contacte une des instigatrices du projet pour en savoir plus sur cet évènement qui s’annonce déjà un succès.

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Entrevue avec Emily roy, créatrice du blogue Entre Montréal et New-York et fondatrice de la Montreal + Fashion Week.

 

Qu’est-ce que la Montreal + Fashion Week?

C’est un événement où il y aura des défilés de mode taille+ où les designers et boutiques seront représentés. Il y aura aussi des kiosques avec des partenaires qui sont tous en relation à la mode taille+.

D’où part cette idée de créer une semaine de la mode taille+ à Montréal?

Il y a deux ans, Nadine et moi en parlions de façon informelle, après être revenues d’un évènement semblable aux États-Unis. Nous étions déjà partenaires d’affaires pour l’entreprise de vêtements tailles+ Catapulp.

Alors, nous avons décidé de concrétiser l’idée folle de créer quelque chose de gros pour les femmes tailles+ et d’en faire un vrai projet. Nous sommes alors allées chercher d’autres collaboratrices qui ont tout de suite embarqué dans le projet.

Selon toi, ce type d’évènement manquait au Québec?

À peine avions nous fait l’annonce que des designers nous ont approché pour participer à l’évènement. Nous nous sommes même faites approcher par des femmes intéressées à mettre la main à la pâte.

Ça nous prouve que c’est vraiment un besoin au Québec de mettre de l’avant la femme taille+. Ça se fait beaucoup à Toronto et aux États-Unis où les communautés de blogueuses mode taille+ et de designers sont présentes et se regroupent dans des évènements.

Avec quels genres de boutiques et de designers voulez-vous collaborer?

On désire travailler avec les designers et les boutiques du Québec majoritairement, mais on est aussi ouvertes au marché de Toronto où c’est plus développé dans le domaine du taille+. Le marché américain est aussi dans notre mire. Tous les gens intéressés peuvent manifester leur intérêt! On est ouvertes.

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Plusieurs femmes rêvent d’être mannequin taille+. Irez-vous recruter vos modèles dans le grand public?

Oui, certainement. On ne veut pas seulement des mannequins professionnels parce que les filles vont recevoir une formation en démarche. Après les fêtes, on prévoit faire des castings sauvages dans les grandes villes du Québec et Ontario pour rechercher nos mannequins. Les dates sont encore à déterminer.

Génial! Quels sont vos critères de sélection pour les femmes intéressées à devenir mannequin?

On cherche la diversité dans les styles pour aller toucher le maximum de gens.  Les tatous ne nous dérangent pas. Il faut certainement que la femme soit de taille 14 au minimum, mais il n’y a pas de maximum. Une candidate proportionnée, qui a une belle démarche, bien dans sa peau et qui a une personnalité dynamique a d’avantage de chance.

As-tu des primeurs pour les lectrices?

Ce sera la créatrice du blogue montréalais Flight of the Fat Girl, Cynthia Ramsay Noël qui sera la blogueuse officielle de l’évènement. Pour le reste des primeurs, nous attendons encore des confirmations!

Comment les gens peuvent s’impliquer dans le projet?

On a besoin de bénévoles. On recherche des habilleuses, des hôtes(esses) d’évènements, des responsables de plancher, des aides arrière-scène, maquilleurs(euses), coiffeurs(euses). Visitez notre site sous l’onglet « joignez-vous à l’équipe » pour manifester votre intérêt!

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Pour plus d’informations

Entrevue d’expert: Véronique Cloutier et la collection Véro Courbes

Entrevue d’expert: Véronique Cloutier et la collection Véro Courbes

Le 12 novembre 2015 a marqué une initiative salutaire dans le mouvement pour la diversité corporelle. La collection de vêtement Véro, une exclusivité Aubainerie, a défoncé les barrières entre cette taille dite normale et celle taille+. Quelques morceaux de la collection déjà existante ont été sélectionnés et reproduits en version taille+. La collection Courbe par Véronique Cloutier est née. Quel grand bonheur pour la femme taille+ qui en a assez mangé des gilets amples noirs et de motifs fleuris de matante Tonette.

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J’étais tellement heureuse de cette initiative (québécoise, en plus!), que j’ai eu l’ambition de contacter l’instigatrice de la marque pour discuter avec elle de diversité corporelle, de beauté et de mode taille plus.

Entrevue avec Véronique Cloutier

Qu’est-ce qui vous a amené à développer Courbe, la collection taille+ de la ligne Véro?

La demande de faire du taille+ est venue dès la sortie de la première collection Véro, en 2012. Dès le début, on avait la préoccupation d’habiller toutes les femmes. Mais faire une collection taille+, ce n’est pas si évident que ça, contrairement à ce que l’on peut penser. La coupe et les patrons sont différents. Je l’avoue en toute franchise, au début, on n’avait pas l’expertise.

Aussi, il y a quelques années, l’Aubainerie avait décidé de retirer ses vêtements taille+ de ses magasins par manque de popularité. Il a donc fallu que je les convaincs d’embarquer dans le projet Courbe. La chaine était septique à savoir si ça allait fonctionner et si la clientèle était là. Finalement, on a tellement reçu de demandes et je leur envoyais les messages que je recevais. Ils ont finalement dit oui.

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Pourquoi avoir créer une continuité des vêtements que vous vendiez déjà et non avoir créer une collection taille+ à part?

Je ne voulais pas que les femmes se sentent à part. C’est un commentaire que j’entends souvent de la femme taille + : il y a une séparation entre les vêtements de taille régulière et taille forte. On me disait que les vêtements sont moins beaux. Ces femmes ont l’impression qu’elles ne peuvent pas s’habiller comme les autres. C’est vraiment dans un esprit de diversité qu’on a créé Courbe. Les coupes sont étudiées. Il faut faire attention comment ca tombe. On en fait le plus possible, toujours en tentant de respecter les courbes, la féminité et la beauté des silhouettes taille plus.

Donc, pour vous, une belle femme, ça n’a pas de taille?

Non exactement, ça a toujours été une préoccupation pour moi, même quand on ne faisait pas taille+ au début de la collection j’ai insisté beaucoup pour que les mannequins qui portent les vêtements dans la circulaire proviennent du public, pas d’une agence. Mon souhait est de représenter des femmes de tous les types, silhouettes et âges.

Et on fait pareil pour notre collection d’enfants. Par exemple, pour la collection enfant d’automne, notre mannequin vedette était un jeune atteint de trisomie! Donc c’est ma façon de faire ma part pour la diversité. Je fais quelque chose d’accessible qui est du prêt-à-porter quotidien. Je le fais porter par des femmes qui le portent tous les jours pour aller chercher leurs enfants à l’école ou pour aller travailler.

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Est-ce que c’est le fait d’avoir eu deux filles qui vous a poussé à vouloir faire évoluer les diktats de la beauté? Est-ce qu’elles vous inspirent à vouloir que la vision de la beauté évolue?

Oui absolument. Ca se fait naturellement. Je fais un métier d’image et je ressens une certaine responsabilité de faire quelque chose pour ça. En contrepartie, je pense qu’on en attend un peu trop de l »industrie de la mode. Ce n’est pas grave qu’on nous montre des filles taillées au couteau. La priorité, c’est la santé. C’est la base. Donc, si on respecte ça, ce n’est pas grave que la fille ait une silhouette de fou. Nous-même en tant que consommatrices, on n’a pas besoin de ressembler à cette fille là! En contrepartie, on veut voir des modèles, on veut s’identifier à quelque chose, on veut s’accrocher à quelque chose de réaliste, donc il faut jongler avec tout ça.

Vous promouvez aussi l’estime de soi, la confiance en soi et la démocratisation du corps de la femme. Est-ce que Véronique Cloutier a déjà eu des moments où elle n’avait plus confiance en elle?

Perdre confiance complètement? Non je ne pense pas. Mais comme tout le monde j’ai des moments de doutes, j’ai des moments où des journées je me trouve moins belle. Je suis affecté par le syndrome prémenstruel. (rires) Comme tout le monde, il y a des moments où je me sens moins en plaine possession de mes moyens. De façon générale, je suis quelqu’un qui a une bonne estime de soi.

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Pourriez-vous avoir une telle carrière si vous seriez considérée taille+?

Je n’ai pas de réponse. Je ne sais pas. C’est vraiment une hypothèse. Il y a des filles taille+ qui ont des super belles carrières comme Sonia Vachon ou Marie-Claude Barrette. Je suis d’accord, il y a en a pas beaucoup. On en voit moins. Est-ce que c’est parce qu’on on les engage moins? Peut-être pas. Je n’ai pas d’expérience dans mon entourage de filles qui se sont fait demander de maigrir pour passer à la télévision. Je n’ai pas connu ça. Je ne dis pas que ca n’existe pas, mais je ne crois pas que ça soit si répandu que ça. Si c’est pour un rôle, peut-être que le poids est plus important, mais pour animer, pour être chroniqueuse, je ne pense pas.

Quelle femme inspirante!

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La fashionnista en moi s’est donc rendue à une boutique Aubainerie pour tester cette collection Courbe. On pourrait croire à première vue que l’éventail de choix de vêtements est minimaliste, mais lorsqu’on étudie la collection, on comprend l’esprit dans lequel il a été créé. Un peu chic, classique et scintillant, de quoi avoir un Noël festif! Véro a sans aucun doute l’oeil pour habiller toutes les silhouettes. Dans le prochain article, je vous montrai mes trouvailles …. et ça incluera un concours!